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      Here, you will find some papers written by researchers for The Making of Movement Conference. You will also find “startle reports”, reactions by the researchers to findings from their colleagues in other cities.

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      This is the area for visions of dream cities and future urban mobility, presented by future urban decision-makers, students in urban design, political science, architecture and geography… All contributions are welcome. Register, if you haven’t already done so, and publish your ideas in the form of articles, photos or multimedia material, to take part in this survey and in the forum.

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      Twenty case studies explore the challenge of governance in Latin America, China and Europe. They were posted online by researchers, who used the platform as a working tool. Also on the site are analyses of the background of each city. Young researchers' papers retrace the history of a controversy that has aroused conflict over an urban project. If you are a guest and not yet signed up, register to explore and comment on the research findings.

Thu05232013

Last update:09:28:54 AM GMT

You are here: Dreams for a better city Survey results Désirs de villes et manières de dire - Analyse d'images - Gaëlle Rony

Désirs de villes et manières de dire - Analyse d'images - Gaëlle Rony

Des étudiants en architecture, en ingénierie des transports ou en urbanisme de 14 villes du monde ont exprimé leurs rêves de la ville de demain. Au sens strict, l’utopie est d’abord l’invention d’un lieu de parole (topoï), avant d’être celle d’un non-lieu et d’un « lieu-où-on-est-heureux » (u–topos). Quelles sont les caractéristiques de ce lieu de parole ? Explications de Gaëlle Rony.

Hétérogènes, les images  des étudiants ne contiennent pas la proposition d’une ville parfaite, basée sur une théorie homogène et une mobilisation exclusivement politique, comme l’exigerait le modèle classique d’une utopie finie. Néanmoins, elles fonctionnent bien sur le registre utopique.

Leurs images disent ce à quoi ils aspirent, et en même temps, révèlent ce qui les préoccupe : une ville polluée, surtout par le règne de la voiture ; une ville menacée par le réchauffement climatique, où, face à l’inaction et à l’indifférence, les catastrophes écologiques et humaines semblent inéluctables. La face sombre des rêves parle aussi d’une ville injuste, ségrégée, qui exclut des catégories de population de la mobilité et plus largement du droit au plaisir - l’hédonisme étant une valeur très forte.

Outre cette logique réactive, ces visions atemporelles proposent une ouverture des possibles, une impulsion, qui vaut comme une fin en soi.

Utopie-programme et utopie-fiction

Les visions se répartissent entre le virtuel probable et le virtuel improbable. D’un côté, les discours partent d’une ville réelle et s’appuient sur sa capacité à changer pour la corriger. Opérationnels, ils montrent comment passer à une autre ville, de façon réaliste et mimétique. A l’opposé de cette utopie-programme, d’autres discours imaginent une cité hors des contraintes du réel. Ils la proposent sans « mode d’emploi » : le négatif est simplement renversé en positif. Le recours à la poésie se fait alors souvent nécessaire, puisqu’il constitue un détour pour parler de choses qui semblent trop « absurdes » selon l’ordre établi. Les désirs axés sur des valeurs de joie, de liberté, de jeu, de gratuité, de spontanéité, sont ainsi exprimés par des images poétiques et décalées.

Changer de mentalité

Des personnages récurrents, mis en scène dans ces images, incarnent la dimension politique entendue au sens large. Un premier type est celui des « gens heureux » : ceux qui ont part au plaisir et qui ont retrouvé leur temps. Ils marchent, lisent, regardent le ciel, conversent … Bref ils se livrent à ce que Michel de Certeau,  appelle des « tactiques »/1. La tactique est un art de saisir les événements de la journée pour en faire des occasions, et ce faisant pour détourner un ordre établi. Ces micro actions incarnent bien l’agir humain propre aux utopies contemporaines, modestes, malléables, concrètes et locales, qui s’inventent au quotidien. En contrepoint des « gens heureux », les citadins de la ville actuelle, passifs, subissant une certaine forme de mobilité et d’exclusion font fonction de repoussoir : les personnes défavorisées ou vulnérables, les handicapés, les usagers malheureux des transports publics…

L’être humain est également très présent dans ces désirs de ville. Sa présence appelle celui qui lit/regarde l’image à se mobiliser au nom de valeurs : la protection de la dimension humaine des citadins et de l’humanité en général. Il s’agit de faire prendre conscience qu’un changement d’attitude est nécessaire.

Ceci nous amène à un dernier type de personnages, ceux à qui les étudiants s’adressent : nous, les lecteurs ou récepteurs de leurs visions. Leurs productions dessinent en creux notre présence. Par exemple, les cartes postales sont « destinées à tous » (« to anyone ») ; ils nous posent des questions : « et vous, avec la voiture, quelle est votre attitude ? » ; enfin l’ironie et l’humour, procédé typique de la rhétorique pour susciter l’adhésion, visent une véritable mobilisation. Ainsi les étudiants nous invitent peut-être moins à agir en faveur d’une ville particulière que tout simplement à rêver. L’enjeu, pour eux, n’est pas de reproduire leurs rêves, mais de nous pousser à s’arrêter, à prendre le temps de s’interroger pour faire de vrais choix.

 

Note  1/ Dans L’Invention du Quotidien

Références :

« Utopie, Eutopie, Dystopie et Anti-utopie » de Corin Braga. In : Rivista di filosofia (en ligne), mis en ligne en septembre 2006, an I numéro 2.
« La temporalité de l’utopie : entre création et réaction » de Marie-Ange Cossette-Trudel. In : Temporalités (en ligne), n°12, mis en ligne le 15 décembre 2010.
« L’écologie urbaine comme utopie contemporaine » de André Micoud. In : Quaderni, n°43, hiver 2000-2001, pp.101-116.